De la fermentation au remplissage : transformer le CO2 en ressource
Dans la petite ville bavaroise d’Oettingen, Sabareesh Gopalakrishnan, responsable de la production, se verse un verre de bière pour la goûter. Si elle symbolise pour beaucoup la fraîcheur ultime, cette première gorgée de bière est avant tout pour S. Gopalakrishnan et son équipe la preuve que leur esprit d’initiative a payé. En effet, la brasserie ne rejette plus dans l'atmosphère le dioxyde de carbone qui est produit naturellement au cours du processus de fermentation, mais elle le capture, le purifie et le réutilise. Ce CO2 est utilisé pour gazéifier la bière et d’autres boissons, et les protège contre l’apport en oxygène observé lors du remplissage, ce qui en augmente la durée de conservation.
Nous économisons des ressources, réduisons notre dépendance vis-à-vis de nos fournisseurs et contribuons réellement à protéger le climat.
Sabareesh Gopalakrishnan
Responsable de la production, OeTTINGER GETRÄNKE

Impact de la récupération du CO2 chez OeTTINGER GETRÄNKE
- Près de 10 000 tonnes de CO2 économisées (2024)
- Près de 1 million d’euros d'économies de coûts (2024)
- 90 % des besoins en CO2 désormais couverts en interne
De casseur de prix à précurseur
Longtemps connu pour ses gros volumes de production à prix bas, OeTTINGER GETRÄNKE vit actuellement une transformation audacieuse. Avec ses boissons fonctionnelles comme son soda protéiné OeWater ou encore son rachat récent du pionnier des bières protéinées sans alcool JoyBräu, l’entreprise change de cible, se tourne vers les consommateurs sensibles à la santé et explore de nouvelles opportunités de marché.
« Passer du rôle de suiveur à celui de précurseur est notre nouvelle stratégie d’innovation », indique Siegfried Hanisch, Responsable Développement durable chez OeTTINGER. « Les jeunes envisagent l’alimentation et l’environnement de manière plus sensible. Ce sont ces marchés que nous voulons développer et nous voulons le faire en utilisant le CO2 que nous récupérons. »
L’efficacité rencontre l’indépendance
Le changement de cap de la stratégie produit d’OeTTINGER s’appuie sur des années de travail et vise à fermer les boucles de ressources dans le cadre de ses opérations. L’eau, l’énergie et le CO2 sont désormais vus comme des systèmes circulaires. La technologie de récupération de GEA s’inscrit dans cette approche. Elle améliore la durabilité, booste l’efficacité et permet l’innovation. Grâce à la récupération en interne, la brasserie couvre 90 % de sa demande de dioxyde de carbone.
Aucune bière ne devrait coûter 18 euros. Nous pouvons produire à un prix équitable, car nous sommes plus indépendants.
Siegfried Hanisch
Responsable Développement durable, OeTTINGER GETRÄNKE
Cette approche paye : en 2025, la marque a encore une fois occupé le haut du classement de l’enquête consommateurs « Best Value for Money » (Meilleur rapport qualité/prix) de Focus Money. Cette récompense n’est, par ailleurs, qu’un des plus de 380 prix de qualité que l’entreprise s’est vu décerner au fil des décennies par la Société allemande d’agriculture (DLG).
Leçons de la crise du CO2
La pénurie de CO2 de 2022 a exposé de nombreuses brasseries aux risques des dépendances externes. Mais comme le précise Klaus Bonfig, Directeur du Centre de compétences de récupération de CO2 de GEA : « Les brasseries ont déjà une source de CO2 de haute qualité intégrée dans leur process. Notre technologie les aide à débloquer ce potentiel, de manière efficace et précise. »
Aujourd’hui, la récupération du CO2 est plus importante que jamais. Avec la hausse du prix des matières premières a fait de l’autosuffisance, la sécurité des approvisionnements et le contrôle des coûts sont devenus des leviers vitaux de résilience. Les systèmes de GEA peuvent être installés en rétrofit dans des brasseries existantes avec des perturbations minimales, comme chez Oettingen, où une technologie de récupération moderne a été intégrée dans l’installation en place sans arrêter la production.

« Les brasseries ont déjà une source de CO2 de haute qualité intégrée dans leur process, » explique Klaus Bonfig, Directeur du Centre de compétence Récupération de CO2. L’intégration dans le plus vaste système énergétique peut permettre de réduire davantage les coûts d'exploitation et les émissions. (Photo : GEA/Sommer & Co. GmbH)
L’ingénierie au service de la circularité
Les avantages de la récupération du CO2 vont au-delà du captage du gaz. Lorsqu’il est intégré dans des systèmes énergétiques plus vastes, le procédé d'évaporation du CO2 peut être employé pour le pré-refroidissement ainsi que pour les boucles de réfrigération. La chaleur générée pendant la compression peut également être réutilisée. « Grâce à ces étapes supplémentaires, nous faisons d’une pierre deux coups puisque nous abaissons à la fois les coûts d'exploitation et l’empreinte CO2 de la brasserie », dit K. Bonfig.
GEA a mis en place des projets de récupération de CO2 dans 35 pays sur quatre continents : des 3,5 millions de kilos de CO2 captés par an chez le suédois Spendrups Brewery aux plus grands et plus compacts systèmes de récupération du monde aux États-Unis.
Pour prospérer aujourd’hui, vous devez être plus efficace et indépendant, et vouloir investir dans l’innovation.
Siegfried Hanisch
Responsable Développement durable, OeTTINGER GETRÄNKE
Le CO2, une matière première pour l’industrie
Les principes sur lesquels repose le système d’OeTTINGER peuvent être appliqués dans d’autres domaines que le brassage. Comme l’indique S. Hanisch : « Nous devons penser boucles, mais pas seulement pour les produits, il faut aussi mettre en place des boucles au niveau des processus ».
GEA utilise déjà la récupération du CO2 dans d’autres industries clientes :
- Dans la production de bioéthanol, où le processus de fermentation relâche de gros volumes de CO2.
- Dans la fabrication du ciment et du verre, où les solutions de captage de carbone modulaires peuvent éliminer jusqu’à 90 % du CO2 des gaz de combustion.
« Dans les différents secteurs, la pression augmente, diminuer le carbone ne suffit plus, il faut le traiter comme une ressource, » explique K. Bonfig. « GEA rend cela possible. »
Un phare pour le monde, ancré dans sa région
OeTTINGER GETRÄNKE est la preuve que la décarbonation n'est pas uniquement un objectif à long terme, mais fait déjà partie du quotidien des entreprises. Appartenant à la même famille depuis 1731, OeTTINGER GETRÄNKE, qui est la plus grosse brasserie 25e du monde, exporte la moitié de la production de ses sites allemands d’Oettingen, de Mönchengladbach et de Braunschweig. Du brassage à l’embouteillage, une des plus grosses brasseries allemandes s’érige en modèle des processus industriels résilients, boostée par la technologie GEA.
« Une consommation de bière en baisse veut dire qu’il faut ajuster les capacités. Et le problème n’est pas qu’allemand », explique Gopalakrishnan. « Le marché de la bière est entré dans une phase de consolidation. Mais OeTTINGER GETRÄNKE durera, car nous continuons à évoluer.
