2 mars 2026
Grâce à un nouveau site de fabrication, le SmartParc, des transformateurs de produits alimentaires du Royaume-Uni diminuent leurs dépenses courantes et leurs émissions. S'appuyant sur la technologie de chauffage et de refroidissement de GEA, ce modèle de production collaboratif démontre comment l'innovation accélère les ambitions « zéro net » de l'industrie.

À la périphérie de Derby au Royaume-Uni, une usine alimentaire d'un genre nouveau est en train de voir le jour. S'étendant sur plus de 40 hectares, SmartParc est un pôle industriel qui repose sur une idée simple : la production agroalimentaire peut être plus efficace, collaborative et durable quand les producteurs arrêtent de multiplier les infrastructures et commencent à les partager.
L'industrie agroalimentaire est confrontée à des défis sans précédent. L'inflation réduit les marges de ce secteur déjà peu rentable. De nombreux producteurs exploitent des installations vieillissantes, énergivores et difficiles à décarboner. Dans le même temps, les clients, les régulateurs et les investisseurs réclament des progrès réels vers la neutralité carbone.
« De nombreuses usines alimentaires au Royaume-Uni et en Europe ont plus de 20 ans », explique Phil Lovell, directeur des opérations de SmartParc Europe. « Elles s'appuient sur des bâtiments anciens qui sont inefficaces. Les coûts énergétiques sont élevés, les processus sont contraints et les objectifs de développement durable sont de plus en plus difficiles à atteindre. SmartParc est une réponse à ces pressions, qui se concentre sur l'écosystème de la fabrication alimentaire dans son ensemble.
L'idée est simple, mais puissante : regrouper des usines alimentaires modernes et spécialisées sur un même site et gérer les services-clés de manière centralisée. Plutôt que de dupliquer les actifs, les infrastructures-clés telles que la production d'énergie, les utilités industrielles et les services de distribution sont conçues comme des systèmes partagés. Cette approche permet de réaliser des économies d'échelle que les fabricants individuels ne pourraient jamais atteindre seuls. La conception commence par les chaînes de production qui sont ensuite « habillées » de bâtiments à haute efficacité. La gestion centralisée réduit la complexité, tandis que la proximité des différents locataires diminue les kilomètres parcourus par les aliments, fait baisser les émissions liées au transport et prolonge la durée de conservation des produits.
« En regroupant les bâtiments, vous réduisez les déplacements de camions et les déchets. Les entreprises peuvent même se vendre leurs produits entre elles sur place, si elles le souhaitent », explique P. Lovell. « Ensemble, ces mesures permettent de réduire les coûts et de renforcer la crédibilité des producteurs en matière de développement durable. » Cependant, pour que SmartParc tienne sa promesse d'efficacité, le système énergétique du site doit être tourné vers l'avenir et non pas vers le passé.
En collaboration avec GEA, SmartParc a créé un réseau énergétique partagé qui, au lieu de traiter l'énergie comme un sous-produit ou un déchet, la capture, la recalibre et la redistribue. Cela aide les locataires du site à prendre des mesures significatives pour atteindre la neutralité carbone sans sacrifier la fiabilité ou les performances.
« SmartParc a dès le départ envisagé cette initiative comme un projet de développement durable », explique John Burden, directeur des ventes de projets de solutions de chauffage et de réfrigération chez GEA UK. « Ainsi, au lieu de rejeter la chaleur dans l'environnement, GEA a conçu pour eux un réseau de chauffage urbain qui capte et redistribue cette chaleur dans tout le parc. »

Cette solution consiste à capter la chaleur générée par les processus de réfrigération et à l'acheminer jusqu'à une pompe à chaleur industrielle à ammoniac, pour ensuite la stocker et la partager avec les locataires grâce à plus de 11 kilomètres de canalisations souterraines. Le principe est celui utilisé dans les réseaux de chauffage urbain qui alimentent les villes en énergie : sur le site de Derby, n'importe quelle entreprise raccordée peut profiter de l'énergie du réseau, même si elle ne l'a pas produite elle-même. Le résultat est un système en boucle fermée qui équilibre les besoins de chauffage et de refroidissement de plusieurs utilisateurs - à grande échelle.
Phil Lovell
Directeur des opérations, SmartParc Europe
Il était essentiel de choisir le bon fluide frigorigène. Pour SmartParc et GEA, l'ammoniac était un choix évident. « L'ammoniac est un fluide frigorigène naturel et respectueux de l'environnement », explique P. Lovell. « Il possède d'excellentes propriétés thermodynamiques, ce qui signifie qu'il a besoin de beaucoup moins d'énergie que les autres solutions pour assurer à la fois le refroidissement et le chauffage. »
Dans un secteur encore tributaire des fluorocarbures traditionnels, coûteux, inefficaces et nocifs pour le climat, l'ammoniac offre une solution à l'épreuve du futur. Associé à une technologie avancée de pompe à chaleur, il permet à SmartParc de maximiser l'efficacité tout en réduisant considérablement les émissions.
John Burden
Directeur des ventes de projets, solutions de chauffage et de réfrigération, GEA U.K.
La conception du système a été un premier défi. Le faire fonctionner dans le monde réel, avec une demande en dents de scie et un parc qui n'était pas encore plein, en a constitué un autre. Il est connu que gérer le fonctionnement à charge partielle dans les grands systèmes énergétiques industriels est difficile. Chez SmartParc, la demande varie avec les saisons et évoluera encore avec l'arrivée de nouveaux locataires.
« Avec le soutien de l'équipe d'ingénieurs de GEA, nous avons pu faire fonctionner le système à seulement 5 % de sa charge », explique P. Lovell. « Cette flexibilité est essentielle, surtout en hiver, lorsque la demande de chauffage est élevée et que celle de refroidissement est en chute libre. Pour atteindre cet équilibre, il faut combiner plusieurs technologies de compression, surveiller en continu et réguler de manière précise la température entre de multiples utilisateurs, tout en veillant à ce que les coûts soient répartis équitablement. « Cela n'a pas été facile », admet J. Burden. « Mais une régulation précise est essentielle dans un modèle de services partagés. Chaque entreprise doit fonctionner de manière indépendante tout en profitant de l'infrastructure partagée. »
Pour SmartParc et GEA, la relation qui lie les deux sociétés va bien au-delà de la simple fourniture d'équipements. « Nous avions besoin d'un partenaire avec une expertise technique approfondie, mais aussi d'un partenaire qui resterait à nos côtés et nous aiderait à améliorer et à faire évoluer le système dans le temps », explique P. Lovell. Cette vision à long terme a été déterminante. SmartParc a des ambitions mondiales et son centre énergétique est conçu pour grandir et s'adapter aux progrès technologiques.
« Nous avons besoin d'un partenaire mondial qui investit dans l'innovation », ajoute P. Lovell. « Nous n'utiliserons plus la même technologie dans dix ans. GEA l'a bien compris ». J. Burden concorde : « Nous avons été impliqués dès le début. Nous avons envisagé le système de manière holistique, ce qui a permis d'instaurer la confiance. C'est un vrai partenariat. »

Fonctionnant avec succès depuis deux ans, le centre énergétique SmartParc fournit environ cinq mégawatt de refroidissement et 2,5 méga-watts de chauffage. Des chiffres qui devraient plus que doubler lorsque le parc sera occupé à 100 %. Pour les locataires, les avantages sont concrets : baisse des coûts de l'énergie, réduction des émissions et possibilité d'atteindre leurs objectifs ESG. Pour SmartParc, cela valide une idée audacieuse. Et pour GEA, c'est un exemple concret de la manière dont l'ingénierie peut rendre possible un changement systémique.
« C'est moins cher, c'est plus efficace et c'est un gage de durabilité », affirme P. Lovell. « Et plus important encore, cela fonctionne pour nos clients. » Le système a été reconnu à l'extérieur et a reçu des prix qui confirment ce que les locataires savent déjà : ce n'est pas de la théorie, mais un modèle qui a fait ses preuves.
Alors que l'industrie agroalimentaire cherche des moyens de nourrir durablement une population croissante, SmartParc offre un aperçu de ce qui est possible lorsque la collaboration se substitue à l'isolement et que l'ingénierie est guidée par une raison d'être. Ensemble, SmartParc et GEA redéfinissent la manière dont les usines agroalimentaires peuvent fonctionner dans un avenir à faible émission de carbone. À Derby, cet avenir est déjà une réalité.

La solution de GEA : système de pompe à chaleur sur mesure
Puissance calorifique : 2,5 MW
Température fournie : 72 à 80 degrés Celsius
Type de compresseurs : compresseur à pistons GEA Grasso 950 V XHP
Fluide frigorigène naturel : ammoniac