Dans chaque élevage laitier, il est essentiel d’avoir des animaux sains et détendus. Des animaux bien nourris et satisfaits sont plus productifs, et pour les vaches laitières, cela représente un meilleur rendement laitier par vache.

La technologie aide à améliorer le bien-être des troupeaux laitiers dans le monde entier

Le lait est l’un des produits agricoles les plus précieux au monde. Selon les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) 1, plus d’un quart des 570 millions de fermes du monde réserve au moins un animal à la traite. À quoi il faut ajouter un total mondial de 274 millions de vaches laitières environ en 2014. Combiner l’élevage sélectif à des facteurs tels que l’amélioration du bien-être animal – y compris l’alimentation et les bâtiments pour les abriter – a permis de pratiquement doubler la production laitière au cours des 40 dernières années2. Aux États-Unis, la production moyenne de lait par vache atteint maintenant le record de 30 litres par jour.

Un œil d’expert

Mais même les animaux les mieux soignés peuvent tomber malades ou se blesser. Dans les petites exploitations, le fermier ou le gardien de troupeau connaît généralement le comportement naturel, les habitudes et les schémas alimentaires de chaque animal, et remarque si quelque chose en va pas. Ce niveau d’observation constitue l’outil de diagnostic principal des premiers signes de boiterie, d’infection ou de stress, par exemple. Identifier prématurément les problèmes de santé courants, comme les mastites ou les problèmes de sabots, permet d’y remédier avant que la santé ou le confort des vaches ne se détériore davantage. Un diagnostic et un traitement dès les premiers symptômes conduisent également à une récupération plus rapide, réduisent l’impact sur la productivité, diminuent les doses d’antibiotiques, ainsi que les factures de vétérinaire. 

Se fier au seul œil de l’expert de l’élevage pour surveiller chaque vache en particulier est nettement plus compliqué dans les grandes exploitations. Avec l'automatisation des tâches, telles que la traite et l’alimentation, les fermes gèrent parfois des centaines, voire des milliers d’animaux. Aucune chance qu'un gardien reconnaisse les changements de comportement de chacune des dizaines de vaches qui lui sont confiées. 

Attentes des clients

Suite à l’augmentation des capacités des exploitations et des pratiques d’agriculture intensive, les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux problèmes de bien-être animal et exigent des garanties concernant la qualité, la sécurité et la traçabilité des aliments, comme l’explique Jörg Hartung, Professeur à l’Université de Médecine vétérinaire de Hanovre, Fondation (TiHo) en Allemagne.

« Aujourd’hui, les clients sont très bien informés. Les exploitants doivent engendrer des bénéfices mais, en même temps, veiller à la durabilité de leurs exploitations, et leurs animaux doivent être sains, heureux et productifs. Un équilibre bien difficile à maintenir. »

À l’heure actuelle, la technologie est devenue un facteur clé des pratiques de bien-être animal. Les machines de traite automatisées enregistrent la quantité de lait et la qualité du lait produit par chaque vache, ce qui peut représenter un indicateur de base de la santé. Plus récemment, des technologies intelligentes non intrusives ont été développées pour surveiller le comportement de chaque animal, 24 heures sur 24, afin de mieux contrôler leur état de santé et leur bien-être. 

Precision Livestock Farming (PLF), l’élevage de précision

L’application de ces systèmes modernes de gestion et de bien-être animal – désignée collectivement sous le terme « élevage de précision » ou PLF, de l’anglais « Precision Livestock Farming – se base sur l’utilisation de dispositifs de surveillance non invasifs, comme des caméras, des micros, des colliers ou des bandes de pattes, qui détectent les changements de comportement des animaux, que ce soit au champ, à l’étable ou dans les logettes. Ces appareils sont capables de mesurer et d’enregistrer le temps qu’un animal passe à bouger, manger, rester debout ou couché. 

Les systèmes détectent et interprètent tous écarts par rapport au comportement normal de l’animal, évaluent si ce comportement peut être signe d’un problème de santé et avertissent automatiquement l’éleveur par smartphone ou ordinateur. Il est important de noter que les technologies PLF n’ont pas pour mission de comparer les animaux entre eux, elles surveillent plutôt chaque vache en particulier au fil du temps. « Nous pouvons tirer une quantité incroyable de données sur la santé et le bien-être général de l’animal en observant des comportements relativement simples », explique Daniel Berckmans, Professeur à l’Université Catholique de Louvain, en Belgique. « Des technologies PLF appropriées peuvent détecter l’ovulation d'une vache et déterminer ainsi la meilleure période pour l’insémination. Des mesures du stress, comme une agression, par exemple, peuvent avertir l’éleveur qu’il doit aménager certains aspects des conditions de logement des animaux. »

Les éleveurs n’optent pas pour les technologies PLF pour remplacer leur gestion quotidienne, mais plutôt pour renforcer leur niveau de vigilance. « Une surveillance 24 heures sur 24 constitue un système d’avertissement précoce, mais c’est toujours l’éleveur qui intervient suite à cet avertissement précoce et qui possède l’expérience pour identifier si le confort de l’animal est en jeu et, si c’est le cas, d’en déterminer la cause éventuelle et de décider de la suite des événements », comme le souligne Professeur Hartung. « Les éleveurs doivent continuer à interagir avec leur bétail, mais 90 % des exploitants avec qui j’ai parlé considèrent la surveillance comme un outil précieux pour les aider à mieux comprendre leurs animaux. » 

 Les informations enregistrées par les appareils peuvent être relativement simples, mais la manière de présenter et d'interpréter les données peut apporter un éclairage considérable sur de nombreux aspects du bien-être et de la fertilité. L’éleveur peut utiliser un smartphone, une tablette ou un ordinateur pour se connecter à un portail Internet et afficher tous les résultats et toutes les statistiques concernant chaque vache, ce sous un format graphique complet, très facile à lire. Des périodes d’activité particulièrement élevée, par exemple, peuvent indiquer le moment idéal pour l’insémination. En revanche, une chute inattendue du temps passé à bouger ou en position debout peut être signe de boiterie. 

 La capacité à surveiller les animaux 24h/24, 7 jours/7 offre également à l’éleveur une plus grande sérénité, ajoute le Professeur Berckmans. Et de noter, « L’essentiel n’est pas la possibilité de faire de grands calculs, mais bien de pouvoir définir les bonnes variables à mesurer en premier lieu ». « Il peut parfois s’agir de variables simples comme la profondeur ou l'intensité de la toux d'un porc, » ajoute le Professeur Hartung.

« Les algorithmes informatiques permettent d’identifier si l'animal était simplement en train de s’éclaircir la gorge ou si la toux indique un problème de santé. »

CowView, la technologie PLF pionnière

Des outils pour une gestion efficace des troupeaux

GEA est à l’avant-garde du développement des technologies PLF destinées aux élevages laitiers. Elle collabore à cet effet avec des chercheurs universitaires, comme les Professeurs Hartung et Berckmans, dans le cadre du projet EU-PLF, qui a démontré l’application du système PLF CowView de GEA dans des conditions d’élevage réelles. Cette initiative PLF financée par l’UE, menée sous la houlette de Daniel Berckmans, réunit des partenaires universitaires et industriels, avec pour objectif de concrétiser des prototypes d’outils PLF pour les appliquer dans des exploitations laitières, porcines et de volailles. 

CowView comprend un système GPS interne (RTLS= système de localisation en temps réel) qui enregistre en permanence l’emplacement de chaque vache grâce à des capteurs installés dans l’étable et qui reçoivent des signaux transmis par des transpondeurs CowView intégrés aux colliers des animaux. Le système offre une vue globale du bien-être du troupeau. Les informations transmises par les capteurs CowView sont analysées afin d’en retirer des données détaillées sur les profils liés aux mouvements spécifiques de l’animal, ainsi que sur les comportements des animaux individuels et en groupes, comme indicateurs de stress ou de maladie. Le système communique les alertes directement aux éleveurs, techniciens et fournisseurs de services extérieurs, et dirige même l’intervenant vers la position précise de l’animal particulier parmi peut-être les milliers d'animaux présents dans le bâtiment. 

Les technologies PLF ne cessent de susciter de plus en plus d'intérêt aux quatre coins du Globe, en particulier en Amérique du Sud et en Asie, commente le Professeur Berckmans. « Ces régions connaissent une croissance énorme et une intensification des élevages, assorties de la prise de conscience qu’une gestion efficace du bien-être animal doit forcément aller de pair avec une production efficace. L’impact de l’application du PLF ne se limitera toutefois pas aux grandes exploitations intensives. Même les petites fermes traditionnelles pourront augmenter leur productivité en surveillant leurs troupeaux grâce aux technologies PLF. »

GEA reconnaît sa capacité à jouer un rôle important dans le développement de technologies PLF qui déboucheront sur des avantages tangibles aussi bien pour le bien-être des animaux que pour l’exploitation des fermes. « GEA a accordé toute la priorité au développement de systèmes de surveillance de pointe, destinés à encore mieux comprendre le comportement et le bien-être des vaches dans les exploitations laitières du monde entier, » commente Dr. Susanne Klimpel, Responsable Product Management for Applications & Components chez GEA. « Nos systèmes innovants aideront les agriculteurs à garantir le bien-être maximum de leurs animaux, mais également à renforcer la rentabilité et la productivité de leurs exploitations. » 

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